2022 : Avis de « Grand-frais » sur les marchés financiers !

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Bilan des marchés financiers à fin janvier 2022

Si 2021 a été l’année de tous les records pour les places financières, une déferlante a en revanche brutalement culbuté tous les indices en ce premier mois de 2022.

Le plus remarquable fut la chute spectaculaire de la diva : le Nasdaq 100. L’indice des actions technologiques, coté aux Etats-Unis, qui portent les 100 plus belles sociétés de croissance (comme Tesla, Netflix, Google, Apple, Meta, Amazon et Microsoft) a ainsi baissé de plus de 17% sur le seul mois de janvier, entrainant avec lui tous les indices mondiaux.

Depuis leurs plus hauts en 2021, deux tiers des entreprises du Nasdaq ont perdu plus de 40% de leur valeur et la moitié plus de 60%…. Les poids lourds de la cote masquant la chute des plus petites. Mais quand ces dernières dévissent à leur tour … l’indice s’effondre !

Nasdaq 100 : bougies JOUR - Janvier 2022

Performance des indices pour janvier 2022

  • CAC 40 :             – 2,2%
  • Euro Stoxx 50 :    – 2,9%
  • DOW Jones :       – 3,3%
  • SP 500 :               – 5,3%
  • Nasdaq :              – 8,5%
  • Hang Seng :         + 1,7%                          
  • Nikkei :                 – 6,2%
  • Or (gold) :             – 1,8%

La forte correction du Nasdaq a principalement affecté les indices américains, très corrélés en valeurs technologiques (25% des sociétés du SP 500 sont au Nasdaq !).

Les valeurs européennes, voire l’indice CAC 40, tirent mieux leurs épingles du jeu grâce aux valeurs liées à l’énergie comme le pétrole et le gaz, dont les cours sont au plus haut (> 90 $ pour le baril d’or noir). Nous sommes donc loin des critères ESG pour la transition climatique…

De manière plus globale, l’indice des actions monde (MSCI World) a chuté jusqu’à -10% en janvier, avant de se reprendre les derniers jours. Tous les titres fonds (OPC) et portefeuilles ont donc subi une forte correction baissière ; à l’exception de quelques secteurs (banques, matières premières, valeurs values).

MSCI Word - janvier 2022

Pourquoi cette tornade sur les places financières ?

  • L’inflation aux Etats-Unis a atteint un record en 2021 : +7%, la plus haute hausse depuis plus de 30 ans. La grogne sociale est désormais au rendez-vous. Des hausses de salaires se font jour pour compenser cette inflation et faire face à une pénurie de main-d’œuvre croissante, comme l’indiquent les 2 graphes ci-après. Et toute hausse (matières premières, composants, salaires) est difficile à répercuter sur les prix. Les marges et dividendes se réduisent donc…
  • Le ton de Jerome Powell, patron de la banque centrale américaine (FED), s’est durcit. La FED est désormais déterminée à maitriser l’inflation ; un tournant dans sa politique monétaire :
      • Une première hausse des taux mi-mars, de 0.25 ou 0.50% selon les chiffres d’inflation qui sortiront d’ici-là ;
      • Une hausse des taux possible à chaque prochaine réunion de la FED, qui porteraient le taux directeur à 1.25 voire 1.50% en décembre 2022 ;
      • La réduction du bilan de la Fed suivra la première remontée des taux à un rythme non encore précisé.

Le message est sans ambiguïté. Resserrer la politique monétaire, plus rapidement que lors des cycles de 2015 et 2018 afin de juguler le plus vite possible l’inflation. L’économie serait selon la FED assez solide pour supporter un resserrement rapide des taux. L’Histoire le dira !

=> La charge du crédit va donc augmenter sensiblement, rognant de nouveau les marges ; et dissuader certaines entreprises à emprunter pour investir !

  • Les taux longs (10 ans) ne cessent de prendre de la hauteur : 80 % après un pic à 1.89% après la communication de la FED. Les investisseurs peuvent donc envisager à présent chercher du rendement obligataire avec moins de risque que le marché actions.
  • Les résultats des entreprises au 4° trimestre (T4) 2021 sont bons, mais moins élevés que lors des précédents trimestres. Les prévisions US pour 2022 sont légèrement revues à la baisse (la croissance des entreprises est en effet ramenée de 8.6% à 8.4%).
  • Enfin, le bruit des bottes aux frontières de l’Ukraine ne rassure pas les investisseurs…

Quels enseignements faut-il en tirer ?

Si l’inflation sera très certainement plus basse en fin d’année (consensus à 3% / 3.5% environ) que maintenant, l’économie américaine semble être confrontée à deux risques :

  • Celui d’une inflation qui reste élevée dans l’immédiat, poussant la Fed à surréagir.
  • Celui pesant sur la croissance, avec un ralentissement multiforme (de la consommation, la hausse des taux, la situation en Chine) qui pourrait perturber les prévisions d’activité et de résultats une bonne partie de l’année.

Le FMI, quant à lui, réduit ses prévisions de croissance mondiale qui passent de 5,9% en 2021 à 4,4% pour 2022, en raison du ralentissement de la reprise aux États-Unis et en Chine, mettant en cause notamment les « surprises à la baisse » telles que l’émergence du variant Omicron et la volatilité du marché qui s’en est suivie.

Nasdaq 100 - Bougie annuelle

EN CONCLUSION

Fin 2021, le coq gaulois chantait crânement en signant la meilleure performance annuelle des indices mondiaux. En janvier 2022, c’est l’ours américain qui prend sa revanche. Nous sommes en effet en « bear » market, en marché baissier. La baisse est sévère et franche par sa rapidité.

Depuis 2 ans, la pandémie a mis à mal les chaines mondiales de production, et les désordres logistiques ne semblent pas encore se résorber (faute encore à Omicron). Les banquiers centraux qui avaient abondamment abreuvé de liquidités nos économies pour faire face à ce choc exogène ne savent plus désormais vers quelle stratégie monétaire s’engager et à quel rythme opérer (plusieurs remontées des taux pour la FED et la Banque d’Angleterre, versus maintien des taux, en 2022, pour la Banque centrale européenne).

Ce flou peu artistique déplait aux marchés. Face à cette incertitude et à un environnement géopolitique tendu, les investisseurs prennent leurs bénéfices et engagent du même coup une rotation dite « sectorielle » pour prendre des positions plus défensives, en attendant des jours meilleurs. A l’ère des algorithmes boursiers, ces adaptations sont violentes et génèrent des mouvements de panique ou d’euphorie (- 4% le 24 janvier sur le CAC40 / +6.5% pour le Nasdaq sur les 2 derniers jours de janvier !).

Les places financières ont donc subi en janvier un grand coup de vent, secouant sévèrement certaines valeurs qui ne présentaient pas un prévisionnel radieux pour 2022 (Tesla : -12%, Casino : -14%, PayPal : -25%, etc.) et saluant en revanche, à l’excès, les rares bons résultats (Apple : +7% ).  

La prudence est donc de mise. Depuis quelques jours, un léger rebond semble se dessiner laissant à penser qu’un point bas dans la baisse des indices serait atteint.  Est-ce le moment d’acheter les « dips » (points bas) ? Ou sommes-nous au cœur du cyclone, le calme avant la poursuite de la tempête ? Il est sage dans l’immédiat de faire preuve de patience…

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