JUILLET 2022, MOIS DES FEUX… D’ARTIFICE SUR LES INDICES !

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 Illustration du mois

Peinture à l’huile de l’artiste Madame Christèle Ponsar : « Assoiffés de couleurs ».

BILAN DES MARCHES FINANCIERS A FIN JUILLET

Après plusieurs mois de forte correction, les marchés boursiers ont nettement rebondi en juillet. De nombreuses rumeurs ont circulé, mettant fin à une période de pessimisme ambiant. La volatilité fut une nouvelle fois extrême, comme en témoigne le comportement journalier des bougies du CAC40 ci-dessous pour les mois de juin et juillet.

CAC40 - Bougies Jour -Mois de juin et Juillet 2022
  • Le Nasdaq a bénéficié de la baisse des rendements obligataires (Taux US à 10 ans) pour effacer une partie de ses pertes annuelles.

SYNTHESE MACROECONOMIQUE DU MOIS

On ne peut que se réjouir d’un tel rebond des marchés financiers. Un rebond aussi rapide que fut la baisse brutale du mois de juin. Mais les ingrédients, catalyseurs de cette baisse, ont-ils pour autant disparu ?

Décryptage d’un mois compliqué : les banques centrales toujours à la manœuvre.

Comme pour le mois de juin, l’inflation ne cesse d’augmenter de part et d’autre de l’Atlantique. Désormais celle-ci est de 9,1 % et de 8,9 % sur un an, respectivement aux Etats-Unis (+0,5 % en juillet) et en zone euro (+0,3 %).

  • Pour lutter contre cette hausse de l’inflation, la Réserve fédérale (Fed) a confirmé en juillet le relèvement de ses taux directeurs de +0,75%; une quatrième hausse depuis le début de l’année. Désormais le taux de référence américain est de 2,5%.
  • De même, la banque centrale européenne (BCE) a mis un terme en juillet aux taux négatifs et initié un cycle de hausse (+0,50%), plus vu depuis onze ans.
  • Il en est ainsi de toutes les banques centrales dans le monde, à coups de +0.50%, +0,75 %, voire de +1 % de hausse de leurs taux.

Nombre de relèvements substantiels qui ne militent pourtant pas pour un rebond des marchés… Alors, quel a été le déclencheur de cet optimisme boursier ?

=> Le discours de Monsieur Jerome Powell, patron de la Fed, a rassuré les gérants. En effet, celui-ci n’exclut pas qu’en raison du ralentissement actuel de l’économie, les hausses futures des taux d’intérêt seront peut-être moins importantes que prévues… Une simple hypothèse projective a suffi pour satisfaire les gérants de portefeuilles qui voient là un signal pour une politique monétaire plus accommodante à l’avenir, à un retour à plus de liquidités … Un discours qui est donc extrêmement favorable aux marchés.

 Mais c’est sans doute une perspective un peu trop optimiste… Car ceci sous-tend que :

  • la contraction économique américaine, voire mondiale, ne soit pas trop forte,
  • l’inflation cesse de progresser et retrouve rapidement le niveau objectif attendu (~2%),
  • et que la Fed ne soit plus amenée à remonter ses taux directeurs.

 

Nous pouvons craindre que la banque centrale américaine ne diffuse une nouvelle fois un message (volontairement ?) erroné. En effet :

  • de nombreux indicateurs macroéconomiques indiquent déjà un fort ralentissement de l’économie mondiale,
  • et l’inflation semble s’inscrire durablement sur des niveaux élevés. Une inflation qui va sans nul doute ralentir (baisse du coût des matières premières en raison du ralentissement économique) mais qui va certainement se maintenir à un niveau suffisamment élevé pour contraindre la Fed à devoir relever régulièrement ses taux.

=> Or le scénario « contraction économique » et « hausse des taux » est un modèle qui ne plaît absolument pas aux marchés financiers…

=> Il convient donc de comprendre que le rallye boursier de fin juillet, en plein été, sans grands volumes d’échanges, s’inscrit en fait dans une tendance générale de baisse des marchés qui a débuté en début d’année et qui devrait se poursuivre au second semestre.

- Illustrations d’indicateurs macroéconomiques peu encourageants :

  • Le PIB américain affiche fin juillet un 2° trimestre consécutif négatif, signant ainsi « techniquement » une phase de récession de l’économie américaine… même si la maison Blanche affirme le contraire !
  • Le PMI manufacturiers et des services US repassent en « contraction » : sous le seuil des 50 (expansion au-dessus de 50)
  • Les nouvelles commandes industrielles aux Etats-Unis sont en chute libre (courbe verte) : phase de contraction à venir (cf. années 2000, 2008, 2011 et dans une certaine mesure 2020)
  • De même pour l’immobilier, le nombre de ventes de biens ne cesse sévèrement de baisser (-43%), après les années fastes de 2010 à 2020 : plus de vendeurs et moins d’acheteurs …
  • Enfin un signe qui ne trompe pas, la hausse extrêmement forte du recours à la carte de crédit par les ménages. Il convient de comprendre ici que le niveau des dépenses des consommateurs s’est maintenu ces derniers mois grâce au crédit. Les particuliers ont de moins en moins d’argent…et empruntent à un moment où les taux variables aux Etats-Unis ne cessent d’augmenter !

=> Les Américains cesseront donc mécaniquement de consommer dans les mois à venir…et de peser ainsi sur la croissance.

  • Enfin, notons que le FMI ne cesse, tous les mois, de modifier à la baisse ses prévisions de croissance, tant pour les économies avancées que pour l’ensemble des pays. Et à l’inverse, le FMI revoit également tous les mois l’inflation à la hausse…

- Résultats d’entreprise 2° trimestre 2022 (T2)

Mais dans ce marasme macroéconomique, notons un point positif : les résultats des entreprises sont plutôt bons au titre du second trimestre 2022, et majoritairement revus à la hausse par rapport aux attentes des analystes.

La courbe haussière en blanc ci-dessous montre l’estimation des bénéfices des 600 plus grandes entreprises européennes. Les entreprises ont donc su s’adapter au contexte de début d’année. Les marges ayant été globalement préservées pour le T2

Mais cette courbe blanche n’est pas en harmonie avec la valorisation de ces mêmes sociétés (courbe bleue de l’Eurostoxx 600).

La question est donc de savoir si les bénéfices attendus pour les prochains trimestres seront toujours aussi bons, auquel cas la valorisation des sociétés (courbe bleue) remontera afin de rejoindre la courbe des bénéfices (blanche) ou, au contraire, si le ralentissement macroéconomique impactera les entreprises, leurs résultats et c’est la courbe blanche qui corrigera pour s’aligner sur la valorisation actuelle des entreprises…  On peut hélas crainte la 2° option.

EN CONCLUSION

Si nous devions résumer le comportement des marchés financiers par un graphe, nous pourrions reprendre celui qui fut présenté par un gérant du site ZoneBourse.

Nous découvrons la courbe du CAC40 (bougies « Jour ») et l’humeur des investisseurs en regard :

  • Le pessimisme quand le marché, fin juin, a de nouveau touché les points bas atteints en mars dernier,
  • Le scepticisme face au premier rebond de l’indice, mi-juillet ;
  • La complaisance haussière nourrit par les propos de M. Jerome Powell …qui peut conduire jusqu’à une forme irrationnelle de poursuite de la hausse (l’euphorie). Nous sommes actuellement dans cette phase.
  • L’euphorie portée par les investisseurs ayant ratés le rallye haussier, et qui investissent dans de très faibles volumes. On atteindra alors une zone de résistance, celle du mois d’avril (haut du rectangle orange). Cette étape marque généralement une phase d’essoufflement puis de retournement des marchés.

 

Il est donc à craindre que les marchés soient proches de leurs plus hauts de ce rebond « technique » du mois de juillet et que nous devrions de nouveau affronter la réalité baissière des marchés dans les mois à venir, encouragée par la récession en cours et les tensions géopolitiques qui se profilent (cf. Chine Vs Taïwan).

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