La croissance est au rendez-vous, mais …

Mme Christèle PONSAR

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Bilan des marchés financiers à fin JUILLET 2021

Le développement rapide du variant Delta au sein des pays développés, son impact possible sur l’économie mondiale et la hausse continue de l’inflation ont inquiété les marchés financiers en juin dernier. Après avoir touché un point haut le 18 juin, l’indice CAC40 a consolidé progressivement : les investisseurs prenant leurs gains en attendant des nouvelles plus favorables. Un point bas fut atteint le 19 juillet. Une consolidation baissière assez sensible d’environ 6,5% a donc renvoyé l’indice parisien sur les cotations des mois d’avril et mai dernier, avant de se reprendre fin juillet grâce à la microéconomie. Les publications du second trimestre (T2 2021) des entreprises furent comme attendues excellentes (phase forte de reprise après l’année 2020).

Le CAC40 devrait latéraliser à présent au sein d’une large bande, entre support (ligne verte) et résistance (ligne rouge) à la recherche d’un second souffle. Le débordement des 6687 points serait un signal positif pour une poursuite de la tendance haussière.

CAC40 - Bougies "jour" - 31 juillet 2021
  • CAC 40 :          + 1,6%
  • Euro Stoxx 50 : + 0,6%
  • DOW Jones :     + 1,3%
  • SP 500 :            + 2,2%
  • Nasdaq :            + 2,8%
  • Hang Seng :      – 9,9%
  • Nikkei :              – 5,2%
  • Or (gold) :          + 2,5%

A l’exception des indices asiatiques, les marchés financiers se sont rapidement repris fin juillet. Les très bons résultats des sociétés, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, souvent très au-dessus des attentes, ont rassuré les investisseurs tant sur les valorisations élevées du marché actuel que sur les perspectives des entreprises.

Mais ces annonces n’ont eu qu’un effet limité dans le temps. L’actualité macro-économique du mois a tempéré l’enthousiasme des marchés. Aux Etats Unis :

  • Si le PIB trimestriel T2 croît de 6,5% après une hausse de 6,4% au trimestre précédent, ce chiffre reste décevant car bien en-deçà des attentes des analystes (8,5%). La croissance a été principalement tirée par l’augmentation des dépenses de consommation personnelle (+11,8 %), à savoir les services et les biens non durables. Les Américains vaccinés voyagent et s’adonnent à des activités qui étaient auparavant limitées.
  • Par ailleurs, l’indice des prix à la consommation progresse de 6,4%, au-dessus des attentes. Mercredi dernier, le comité de la Fed n’a fait que confirmer son diagnostic d’une économie solide mais qui a encore du chemin à faire pour parvenir au plein emploi. L’objectif reste bien de réduire le soutien monétaire dès que possible mais le moment n’est pas encore venu. La Fed annonçait ainsi qu’elle maintiendrait ses taux bas, même dans le cas où l’inflation serait plus forte et plus durable que prévue…

Cette inflation qui taraude encore les esprits des investisseurs

  • Le cuivre, l’aluminium, le nickel, l’étain, tous ces métaux ont repris le chemin de la hausse. Les tensions bien visibles sur les prix résultent du risque grandissant sur les approvisionnements alors que la demande reste vigoureuse, reprise économique oblige. Cf. ci-dessous l’indice CRB des matières premières qui repart à la hausse.
  • Les inondations en cours en Chine alimentent également l’inflation des prix sur les métaux industriels
Indice CRB – Fin juillet 2021 - Source Zonebourse

Que se passe-t-il en Chine ?

Seule ombre en termes de performance sur les marchés financiers : les marchés asiatiques (-10% en juillet pour l’indice Hang Seng d’Hong Kong !). Les places asiatiques font certes grise mine en raison de la nouvelle poussée du nombre de contaminations au Japon mais ce sont surtout les restrictions imposées par la Chine aux valeurs technologiques et de l’éducation qui affolent les marchés

L’indice Hang Seng – Fin juillet 2021 – Source Zonebourse

Après les entreprises de la Tech en novembre dernier (Alibaba) puis au printemps, le parti communiste chinois (PCC) a mis le secteur de l’éducation dans son collimateur et on s’attend à ce que d’autres suivent, l’immobilier notamment. Il s’agit d’une reprise en main visant (officiellement du moins) à protéger la population contre les inégalités (l’accès au soutien scolaire, au logement, …), les excès des jeux vidéos et réseaux sociaux, la diffusion des données numériques et d’une façon générale contre ce qui est perçu par le pouvoir comme des dérives du secteur privé éloignant ces activités des objectifs à long terme du pouvoir. Celui-ci veut donc redéfinir le rôle et le financement des entreprises privées et des marchés financiers afin de les aligner avec les objectifs de prospérité et d’harmonie sociale définis par le gouvernement

Il ne s’agit a priori pas d’une simple péripétie mais bien de la volonté de mettre en place de nouvelles règles au service du PCC et de la population. Il y a donc là l’émergence d’un risque politique sur le pays, qui implique la définition d’une nouvelle « prime de risque » sur les actifs financiers chinois. De nombreux investisseurs institutionnels sont ainsi en train de réfléchir à leur positionnement sur ces actifs. La correction n’est probablement pas terminée. Un indice représentatif a été créé en 2003 et baptisé « Nasdaq Golden Dragon Index », en référence au signe astrologique chinois, synonyme de puissance et de chance. Il est actuellement constitué de 98 sociétés, quasi exclusivement chinoises et principalement dans les secteurs technologique et biotechnologique. Après avoir culminé le 16 février dernier à 20 688 points (soit une performance dividendes réinvestis de 800% depuis l’origine), c’est à présent la douche froide ! Le récent point bas du 27 juillet à 10 419 points représente une chute de presque 50% en 5 mois.

Allons-nous revivre un scénario difficile pour les marchés développés, similaire à celui des étés 1998 et 2015 ? En dépit de ressemblances, la véritable cause de cette chute des actifs financiers chinois est d’ordre politique. On a oublié que le capitalisme est toléré dans ce pays, tant que celui-ci ne fait pas d’ombre au pouvoir central. L’émergence de milliardaires comme Jack Ma, fondateur d’Alibaba, peut s’avérer être gênant, tout comme trop de libertés aux résidents de Hong-Kong qui bénéficient d’un statut particulier jusqu’en 2047, mais qui sont désormais sous la menace d’une loi d’extradition depuis 2019. Cette fois-ci, le gouvernement vient d’adopter une mesure obligeant chaque entreprise dans l’éducation à ne plus réaliser de profits dans leur activité ! Les investisseurs étrangers sont officiellement interdits d’acquérir ou de détenir des participations dans ce secteur. Ils se sont mis à vendre tous leurs titres détenus dans tous les secteurs sans distinction…

EN CONCLUSION

Les évolutions macroéconomiques (conjoncture), sanitaires (Delta) et financières (publications et prévisions de résultats des sociétés) envoient donc des signaux contrastés actuellement (opposition des deux premiers avec le dernier), et réduisent la visibilité des marchés. Seule satisfaction, la stabilité des indices boursiers alors que les bénéfices des sociétés progressent fortement abaisse mécaniquement leurs valorisations boursières et génère donc des réserves de performances pour le moyen terme…

A toutes les personnes qui vont prendre des congés au mois d’août, nous vous souhaitons d’excellentes vacances !

 

Illustration du mois :
Huile de l’artiste Madame Christèle Ponsar, « Cap de Bonne-Espérance  ! »

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