La « Tech » au secours des marchés ?

Partagez cet article

Bilan des marchés financiers – OCTOBRE 2021

 Si nous étions dans le monde des sportifs, nous parlerions de « remontada » pour évoquer ce retournement haussier du mois d’octobre sur toutes les places financières, à l’exception du Japon.

Meilleur mois pour le CAC40, depuis mars 2021

Les résultats des entreprises ont porté plusieurs indices en terra incognita, pour le plus grand bonheur des investisseurs !

Performance des indices :

  • CAC 40 :           + 4,8 %
  • Euro Stoxx 50 :  + 5,0 %
  • DOW Jones :      + 5,8 %
  • SP 500 :              + 6,9 %
  • Nasdaq :             + 7,9 %
  • Hang Seng :        + 3,3 %
  • Nikkei :                – 1,9 %
  • Or (gold) :            + 1,5 %

Le mois d’octobre dans le calendrier boursier est un mois important car c’est un mois de résultats trimestriels des entreprises (le 3° trimestre ou T3). Ces derniers vont donner la tendance de la fin de l’année et les anticipations de l’année à venir. Une nouvelle fois, les résultats furent meilleurs que prévus et ce, tant au niveau du bénéfice par action que pour les tendances sur les chiffres d’affaires. Ceci explique pourquoi les investisseurs, qui avaient pris leur gain en septembre dernier, ont propulsé les indices au plus haut (américains notamment : SP500 et Nasdaq 100 – nouveaux records).

De façon un peu contre-intuitive, les entreprises affichent d’excellents résultats, à contre tendance de l’environnement macroéconomique ambiant où règne le spectre de l’inflation, voire de l’hyperinflation ! La hausse des prix est bien réelle en octobre, au-delà des prévisions :

  • + 2,6% en France
  • + 4,1% en Europe
  • + 5,4 % aux Etats-Unis
  • Les entreprises pourront-elles répercuter les hausses de prix sur les consommateurs pour conserver leurs marges ? Elles semblent en être convaincues ; c’est même le fondement de leurs prévisions de résultats du 4° trimestre
  • Mais le consommateur, une fois avoir réglé ses factures d’énergie, acceptera-il de payer plus chers d’autres biens et services ? La réponse n’est pas certaine…

Le sujet de l’inflation reste toujours en toile de fond.

« En un seul trimestre, les attentes des investisseurs sont brusquement passées d’un scénario de forte croissance avec un regain temporaire des tensions inflationnistes à celui d’une menace sérieuse de stagflation. Soit celui d’une croissance lente accompagnée de tensions inflationnistes durables » Edouard Carmignac (25/10/21).

De nombreux pays ont enregistré un fort ralentissement de leur PIB pour le 3° trimestre (T3). Il en est ainsi de la première économie mondiale qui passe de 6,7% au T2 à 2% au T3 ! Avec les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne, la Chine (…) affichent aussi des PIB dégradés au T3. Tous les pays sont durablement affectés par des pénuries de semi-conducteurs, de conteneurs, de personnels et par la hausse continue des prix des matières premières et de l’énergie. C’est cette multiplication des foyers inflationnistes et leur durabilité qui inquiètent à présent. Si l’engorgement dans les ports ou les ruptures d’approvisionnement semblent pouvoir se résorber au gré des mois à venir, les tensions sur les prix de l’énergie, voire sur les salaires, apparaissent beaucoup plus structurelles. La nouvelle donne « technologique » pourra-t-elle réduire cette pression inflationniste ?

La « Tech », la 4eme révolution industrielle ?

Si certains s’inquiètent déjà de l’inflation et de son caractère durable, intéressons-nous aux entreprises de la « Tech » (les fameuses GAFAM) qui tirent depuis des mois les marchés financiers vers le haut (Cf. le Nasdaq 100 : + 7,9% encore au mois d’octobre !)

Le principal contributeur du mois a été sans conteste le constructeur automobile Tesla avec une hausse exceptionnelle de 12,6% en 1 jour, le 25 octobre dernier… et de + 44% sur le seul mois d’octobre !

La raison de cette hausse ? Une commande historique de 100.000 véhicules électriques de la part du loueur Hertz, à livrer sous quatorze mois. La flambée du titre Tesla propulse ainsi la capitalisation boursière du constructeur de voitures électriques à un nouveau sommet : 1.085 milliards de dollars, soit une valeur boursière :

  • 100 fois supérieure à celle de Renault (10.6 milliards de dollars)
  • 12 fois supérieure au plus important vendeur de voitures aux États-Unis, General Motors
  • supérieure à l’ensemble des constructeurs mondiaux. Pour mémoire, la capacité de production annuelle de TESLA est de 1 million de véhicules et celle des 15 plus grands groupes automobiles, avant crise, était de 70 millions d’unités par an (Volkswagen, Daimler, BMW, General Motors, Ford, Toyota, Subaru, Suzuki, Tata, Geely, Ferrari, Renault et Stellantis).

Comment expliquer cette flambée exceptionnelle alors que le titre se valorisait encore 35 $ en juin 2019 (1.114 $ aujourd’hui) ?

Les causes sont naturellement multiples mais la conjonction de deux éléments principalement ont permis au tant décrié Elon Musk, patron de cette marque, de réaliser un parcours sans faute :

  • une conviction: basée sur une rupture technologique avec un véhicule entièrement électrique, non polluant et bardé d’applications électroniques (adaptées au monde actuel…),
  • une avance technologique. En réponse à la crise sanitaire et à la prise de conscience collective de l’urgence climatique, seul ce constructeur disposait de batteries permettant une grande autonomie de déplacement pour les utilisateurs (min 400 Kms) et une charge de ces dernières en moins de 30 mn (ultra-rapide).

Ce succès est-il unique ?

Ce cas reflète en fait ce qui se passe déjà depuis plusieurs années et qui a été accéléré avec la crise de la Covid-19 : la transformation digitale, numérique de notre monde. « La pandémie en 2020 a créé une situation inédite dans tous les domaines, qui nous a forcés à remettre en question toutes nos habitudes (de vie, de consommation, de travail) et a mis en évidence le besoin crucial de technologie tous azimuts : outils de travail à distance, sites marchands, etc. Avec un constat sans appel : un très gros manque d’investissements des entreprises en la matière » (Tocqueville Finance).

Les premières sociétés qui ont surfé sur la digitalisation à outrance de nos sociétés sont bien-sûr les fameuses GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ; les plus grosses capitalisations du Nasdaq et qui tirent depuis des années l’ensemble des indices américains.

Si le modèle économique de Facebook (désormais rebaptisé « META ») ou d’Alphabet (maison-mère de Google) tend à être remis en cause, car basé sur les données personnelles des utilisateurs revendues aux publicitaires, la digitalisation de nos métiers, des entreprises est devenue incontournable. C’est un même un enjeu stratégique. Les états l’ont bien compris et lancent massivement des plans de financement pour ne pas rater cette 4° révolution industrielle (Cf. le rapport Tibi de juillet 2019).

De nouveaux leaders mondiaux vont bientôt émerger dans de nombreux secteurs technologiques. Ainsi, après la voiture hybride, puis électrique et demain autonome, quatre grands domaines feront l’objet de financement majeurs pour percer :

  • la « consumer tech ». Enjeu ? Notre vie quotidienne : le e-commerce, les solutions de paiement, le streaming ou encore les jeux vidéos.
  • l’ « enterprise tech » en matière de collecte et d’analyse de données, d’automatisation des process, du cloud et de la cybersécurité.
  • la « med tech »: l’ensemble des techniques autour des robots chirurgicaux.
  • la « green tech »: les nouveaux matériaux, les combustibles verts, etc.

 

La « Tech » ou les opportunités d’investissement vont se multiplier tant dans le secteur de l’économie numérique « classique » (semi-conducteurs, logiciels, services informatiques, e-commerce, réseaux sociaux, …) que vers des secteurs de l’économie qui vont bénéficier de progrès technologiques importants grâce à l’intelligence artificielle, la robotique, la digitalisation ou par des mégatendances comme le changement climatique, la santé ou encore l’urbanisation !

Cette nouvelle donne sera sans nul doute source de productivité pour les entreprises.

Mais sera-t-elle suffisante pour réduire rapidement l’inflation qui effraie les banquiers centraux … et les marchés ?

EN CONCLUSION

L’inflation est désormais bien présente dans notre quotidien et ce, probablement durablement. La Chine inquiète encore les marchés dans sa capacité à produire et livrer dans les temps le monde entier, tant ses capacités industrielles sont actuellement au ralenti. La pandémie est encore bien présente dans de nombreux pays (l’Europe de l’Est et la Russie sont particulièrement affectées en ce moment). La COP 26 à Glasgow ne semble pas mobiliser les dirigeants présents…

Face à ce constat qui pourrait paraître sombre, les nouvelles technologies, portées par des entreprises le plus souvent privées, mobilisent aujourd’hui toute l’attention ainsi que des flux financiers massifs. Les start-up n’ont jamais été aussi nombreuses, tout comme le nombre d’introduction en bourse dans le secteur technologique. Ces évolutions technologiques devraient concourir à réduire à moyen terme l’inflation et permettre à chacun de profiter de la croissance mondiale, d’une économie plus vertueuse.

Alors, oui, il est fort probable que le Nasdaq continuera à battre des records dans les mois et années à venir ! Seule ombre au tableau à court terme, un risque de remontée des taux pour juguler l’inflation… Ce serait alors un frein à la poursuite haussière des marchés. Seuls les banquiers centraux disposent de cette arme redoutable… et déjà quelques banques centrales l’ont activé. La Fed franchira-t-elle le pas en 2022 ?

S'inscrire à notre newsletter

Pour ne rater aucune information et conseil sur votre patrimoine !

À découvrir

Vous souhaitez nous faire part de votre projet ?
N’hésitez pas à nous contacter.