Une pause à Wall Street ?

Une pause à Wall Street

Partagez cet article

Bilan des marchés financiers à fin février

Deuxième mois consécutif compliqué sur les marchés financiers où les gains de début de mois sont brutalement perdus en fin de mois, et ce, en quelques jours.

Marchés financiers à fin février 2021
NAsdaq 100 - Bougies mensuelles - 26-02-21

Ce fut tout particulièrement le cas pour les indices américains et plus particulièrement pour le Nasdaq 100 qui représente l’indice des valeurs technologiques. Comme illustré sur le graphe de la page précédente, cet indice a connu une amplitude de 8% en février entre ses points le plus haut et le plus bas. Cette amplitude est aussi appelée « volatilité ».

Faut-il s’inquiéter de cette volatilité ? La réponse doit être nuancée. En effet :

    • à la question de l’amplitude de l’indice (ici 8%), il nous faut constater que depuis la crise financière de 2018, les indices sont à présent tous très volatils. Si cette amplitude était jadis de l’ordre de 3% en moyenne par mois, il convient d’accepter désormais un triplement de cette volatilité. Au regard de cette évolution assez récente, l’amplitude du mois de février 2021 est donc dans sa norme (ce qui ne fut évidemment pas le cas du mois de mars 2020, il y a un an, quand la volatilité était de 25% !).
    • à la question de la poursuite de la hausse dans les mois à venir de cet indice (Nasdaq 100), nous serons beaucoup plus réservés. L’analyse graphique indique clairement une forte pression des vendeurs, aux dépens des acheteurs. Le mois de janvier fut un mois incertain (figure parfaite du « doji »), confirmé par un mois de février qui a connu à son tour un reflux des prix, après avoir atteint un record historique à la hausse.  Le mois de février forme donc à son tour un second « doji » (presque parfait ; petit corps rouge baissier) laissant ainsi planer un doute sur la poursuite haussière du mouvement.

 

Exemple parfait de Doji

Dans cet exemple, le cours d’une action, d’un titre ou d’un indice a ouvert et fermé une période de temps donnée (qui peut être 1 jour, 1 semaine, 1 mois, etc.) au même niveau de prix (trait horizontal).

En revanche, durant cette période, le prix a baissé /monté pour toucher un plus bas et un plus haut (trait vertical, appelé « mèche » de la bougie).

Comment expliquer cette volatilité et cette baisse brutale en fin de mois ? La crainte d’un retour de l’inflation… 

Alors que les scénarii de reprise de l’économie mondiale se confirment davantage chaque jour (résultats d’entreprises, indicateurs macroéconomiques, montée en puissance de la vaccination), la hausse continue des taux d’intérêts US à 10 et 30 ans inquiète. Pourtant ces derniers sont encore historiquement bas (Cf. graphes ❶ ci-après). Ce n’est donc pas le niveau de rendement des bons du Trésor qui inquiète mais la rapidité de la hausse depuis 2021 (Cf. graphes ❷ ci-après).

Sur la dernière semaine de février, la hausse de +28 bp (points de base), au plus haut de la semaine, a provoqué de grands remous sur les marchés : les grands indices ont reculé de 2 à 4% et de nombreux fonds actions ont perdu de 8 à 10%… principalement les fonds thématiques à valorisation élevée, mais également les fonds orientés vers les marchés émergents, Chine en tête.

Taux de rendement des bons du Trésor américains à 10 ans - Depuis 2014
1 - Taux de rendement des bons du Trésor américains à 10 ans - Depuis 2014
Taux de rendement des bons du Trésor américains à 10 ans - Depuis décembre 2020
2 - Taux de rendement des bons du Trésor américains à 10 ans - Depuis décembre 2020

Comment expliquer cette accélération à la hausse des taux ?

Cette nervosité s’est également retrouvée sur les marchés obligataires, où pour la première fois (depuis juin 2020), l’OAT 10 ans en France redevenait positif (+0,06%)….

Cette forte croissance tient à la conjonction :

  • de la réouverture post-covid de l’économie américaine à partir du deuxième trimestre (T2 2021)
  • et du plan « Biden » (1.900 milliards de dollars + une nouvelle campagne d’helicopter money)

Et si l’inflation augmente davantage que prévu, la Banque centrale américaine (la Fed) serait dans une situation cornélienne, sans bonne solution :

  • soit elle sous-estime le phénomène et/ou son caractère durable, restant immobile car prisonnière de ses communications récentes et elle laisse alors s’installer le risque d’un dérapage de l’inflation;
  • soit elle réagit à cette nouvelle donne inflationniste et change rapidement de stratégie en envisageant de resserrer plus rapidement sa politique monétaire ; elle risque alors de bouleverser les anticipations dominantes de « taux bas pour longtemps » avec de fâcheuses conséquences sur tous les actifs risqués.

En conclusion..

Voilà donc en résumé l’avertissement que donnent les marchés : la reprise sera beaucoup plus forte qu’attendue et va provoquer des surprises à la hausse de l’inflation et potentiellement des désordres sur les marchés financiers.

Nous entrons donc dans une phase de transition par laquelle une forte croissance américaine risque de renforcer l’incertitude sur les perspectives d’inflation et les politiques des banques centrales, conduisant à des rendements obligataires plus élevés et plus volatils. Cette transition induit deux risques supplémentaires pour les placements financiers : un risque de taux et un risque de prévision à moyen terme.

S'inscrire à notre newsletter

Pour ne rater aucune information et conseil sur votre patrimoine !

À découvrir

Vous souhaitez nous faire part de votre projet ?
N’hésitez pas à nous contacter.