Un mal pour un bien

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Bilan des marchés financiers pour l’année 2020

Pendant cette période des fêtes de fin d’année, c’est généralement le temps des bilans… Un exercice moins facile qu’il n’y parait, et sans doute encore plus compliqué cette année. On peut naturellement qualifier 2020 comme une année inédite, déstabilisante ou à l’inverse pour certains trouver cette année exceptionnelle. Tout dépend du point de vue dans lequel on se situe, car au final, personne n’aura vécu la même chose. Mais tous, nous reconnaîtrons que ce fut une année historique !

Année historique sur les plans sanitaire (par l’étendue géographique de cette épidémie et la rapidité de la mise au point des vaccins), économique (la pire récession depuis 1945, réponses monétaires et budgétaires d’ampleur inédite en temps de paix) et boursier (chutes et rebonds exceptionnellement rapides), 2020 s’achève sur deux paradoxes et une fracture :

  • recul de près de 4% du PIB mondial avec des gains sur la plupart des grands indices actions à l’exception de l’Europe,
  • hausse considérable de l’endettement public et souverain mais retour des taux et des spreads de crédit aux plus bas historiques,
  • forte dispersion des performances économiques entre les zones, les pays d’une même zone et les secteurs d’activité, traduisant l’opposition entre gagnants et perdants d’une nouvelle donne et non l’idée d’une crise globale affectant l’ensemble des pays et des marchés comme cela a été le cas en 2001/2002, 2008, 2011/2012 et plus près de nous 2015 puis 2018.

Sur les marchés financiers, il y a là aussi de grandes disparités. Le critère géographique présente en soi une première grande différenciation. Il y a actuellement 130 sociétés cotées dans le monde qui pèsent plus de 100 Mds$. Sur ce total, 78 sont basées aux Etats-Unis, 27 en Asie, 22 en Europe, 2 en Océanie et 1 au Moyen-Orient. Or les marchés américains n’ont cessé de battre records sur records (cf graphe ci-dessous), avec comme emblème de cette hausse, la société TESLA : +755% en 2020, soit la capitalisation réunie de Nestlé (leader européen avec 324 Mds$) et LVHM (2° capitalisation boursière européenne avec 310 Mds$).

Marchés financiers pour l'année 2020
Le SP500 - Bougies annuelles

En Europe, le scénario n’est point le même… Cf. ci-dessous le CAC 40.

Les technologiques européennes n’ont pas suivi la même tendance que celles du Nasdaq.
Les grands étendards dans le luxe ont néanmoins fait un joli parcours boursier (gain de +23% pour LMVH).

CAC 40
Le CAC40 - Bougies annuelles

2021 : perspectives…

S’il fallait être sélectif en 2020 dans 3 directions différentes (en termes d’analyse micro plutôt que macro, en termes de zones géographiques et en termes de choix des thématiques), nous pensons qu’il en sera de même en 2021. En dépit d’un consensus assez optimiste sur la sortie de crise sanitaire et économique permise par les campagnes de vaccination, laissant penser que l’ensemble des actifs risqués pourra tirer parti de cette situation, le niveau de risque encore élevé, les écarts de valorisation et les dynamiques bénéficiaires vont très probablement générer des écarts de performance importants selon les actifs, y compris au sein d’une même classe d’actifs (actions / obligations / monétaire).

Un mal pour un bien…

Cette crise sanitaire est naturellement un mal en soi, un mal terrible car ce virus tue sans discernement les plus faibles en tout premier lieu (âge, précarité sociale). Par la suite, ce tout petit microbe nous a astreint à apprendre à vivre confinés des mois durant. Cette mobilité réduite des hommes a eu 2 impacts sur le plan économique :

  • Côté de l’offre, les agents économiques n’ont pu se rendre à leurs lieux de travail
  • Côté de la demande, ces mêmes agents ne pouvaient plus se rendre dans les magasins.

Ce confinement a eu cependant au moins une conséquence inespérée : une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre… Or il s’agit là d’une des contraintes majeures que nous impose par ailleurs le réchauffement climatique, autre débat urgent !

Dans le long terme, cette crise sera sans nul doute un bien !

1/ En effet, nos comportements vont mécaniquement évoluer après la crise car nous avons expérimenté de nouveaux modes d’organisation dans la mobilité tant des hommes que des marchandises : le télétravail, les visioconférences… bref, une plus grande numérisation de l’économie.

C’est un mode d’organisation qui s’annonce et qui s’accélère de manière fulgurante, qui substitue au transport des personnes le « transport de l’information ». Celui-ci devient une matière première, une ressource. C’est une véritable rupture numérique.

Cette « mutation » volontaire des comportements, cette moindre mobilité, devrait permettre de réduire progressivement notre impact sur l’environnement et sa biodiversité. Ce ralentissement de notre mobilité n’est pas pour autant synonyme de moindre productivité ou de moindre progrès car il y a en parallèle une accélération de la mobilité de l’information.

2/ Le virus a provoqué un creusement des inégalités sociales ; creusement déjà attendu avec le réchauffement climatique. Fort heureusement, ce creusement a généré des réactions publiques exceptionnelles.

Aux Etats-Unis, le gouvernement a mis en place un système de compensation qui a permis de distribuer plus d’argent aux classes défavorisées qu’elles n’en percevaient avant la crise de la Covid. C’est la fameuse mesure dite « Helicopter money » qui a fait débat entre économistes en son temps mais qui fut appliquée.

Des aides s’appliquèrent aussi dans un certain nombre de pays africains grâce à la téléphonie mobile, c’est de la monnaie numérique, de la monnaie téléphonique !

En Europe et en France, l’inégalité s’est fortement accentuée entre ceux qui détenaient des actifs immobiliers et de l’épargne financière et qui ont vu leurs avoirs se valoriser… et ceux, les ménages à faibles revenus, qui ont vu à l’inverse leur endettement s’accroître

En conclusion..

La crise que nous traversons nous pousse inconsciemment à accélérer vers la transition écologique (monde plus numérisé, moins carboné, moins mobile). Nous pourrions certes à l’issue retrouver nos réflexes d’antan par simplicité, par confort. Pour notre part, nous souhaitons profiter de ce choc du numérique pour être encore plus audacieux et nous engager encore davantage vers des solutions plus responsables, plus vertueuses pour nous-mêmes et pour notre environnement.

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