Plus haute sera la chute ?…

Bilan du 1er trimestre 2021

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Bilan des marchés financiers à fin mai 2021

En dépit des adages boursiers, le mois de Mai aura été un bon cru pour le marché actions : un quatrième mois de hausse consécutive (4 bougies vertes !).

CAC40 - Bougies mensuelles - 31-05-21
  • CAC 40 :           + 2,8%
  • Euro Stoxx 50 : + 1.6%
  • DOW Jones :     + 1,9%
  • SP 500 :            + 0,5%
  • Nasdaq :            – 1,3%
  • Hang Seng :      + 1.4%
  • Nikkei :              + 1.2%
  • Or (gold) :          + 7.7%

Et pourtant le mois de mai n’a pas été un long fleuve tranquille : Le CAC40, comme les autres indices internationaux, a fait du « yo-yo » : 4% de variation à 5 reprises dans le même mois avant de poursuivre sa hausse engagée depuis le début de l’année…

CAC 40 : Bougies 4H
CAC40 - Bougies 4 Heures - 31-05-21

CAC40 : un rallye haussier, qui casse franchement la résistance des 6420 points (trait bleu horizontal supra) et qui interroge par sa vitesse de progression (pente de 22% depuis octobre 2020).

Prochain objectif : Atteindre les 6945 points, plus haut historique de novembre 2020 (le plus haut de la bulle Internet) ? Soit, potentiellement encore 7% de hausse…

Comment expliquer ce nouveau mois haussier alors que de nombreux indicateurs inflationnistes sont au rouge et tout particulièrement aux Etats-Unis ?  

Facteurs inflationnistes

  • L’indicateur d’inflation PCE (qui mesure l’évolution des prix), très suivi par la Fed (USA), progresse de 4,2% sur un an, largement au-dessus des attentes et bien au-delà donc des 2% cible !
  • Les salaires sont tirés par le haut, alors que le nombre de chômeurs aux Etats-Unis est en revanche en constante diminution, confirmant la reprise du marché du travail.
  • Le cours des matières premières continue à évoluer sur des valorisations élevées :
  • Le cuivre s’est une nouvelle fois hissé au-dessus de 10.000 USD la tonne (+87% sur 1 an)
  • L’aluminium reprend de la hauteur à plus de 2.400 USD (1.900 USD la tonne en mars 2020), soit +60 % en 12 mois.
  • L’or est de nouveau convoité, en dépassant le seuil des 1900 USD l’once, et ce, malgré la montée régulière des marchés actions ;
  • Le pétrole WTI (US) bat un nouveau record annuel à 67 USD le baril.
WTI_Mai_2021
Source: Zonebourse.com

Facteurs positifs

  • La crise sanitaire s’estompe progressivement grâce à la montée en puissance de la vaccination. Environ 35% de la population européenne est vaccinée et l’immunité collective (située autour de 70% de la population vaccinée) devrait être atteinte courant juillet. La réouverture des économies renforce donc la confiance dans tous les secteurs d’activités.
  • Tous les indicateurs macroéconomiques sont au vert: aux Etats-Unis (confirmation d’une croissance annualisée du PIB de 6.4% et de la baisse du chômage), en Europe (le climat des affaires en France et en Allemagne ressort meilleur qu’attendu), ainsi qu’en Asie (Corée, Taiwan) où la conjoncture et l’export en particulier résistent bien à la nouvelle vague épidémique. La dynamique des fondamentaux macro et micro de l’économie mondiale, et des pays de l’OCDE en particulier, reste donc bien orientée, à la hausse. Par ailleurs, les résultats des sociétés sont à nouveau bien orientés, démontrant que la majorité des entreprises parvient à faire passer la hausse de leurs coûts dans leurs prix de vente.
  • Les banques centrales assurent un soutien sans faille aux marchés, soit par leur grande sérénité quant au risque inflationniste (la Fed, la Bank of New Zealand, la Banque Nationale de Suisse ont encore répété le caractère transitoire de la reprise inflationniste actuelle) et / ou leur détermination à poursuivre leurs achats de titres (Fed et BCE) ; achats qui ne cessent d’augmenter en volume (BCE : de 3,5 Mds €/jour à 5 Mds €/jour depuis quelques semaines). Des liquidités considérables continuent donc d’alimenter le marché obligataire dans tous ses compartiments, du AAA jusqu’à la dette high yield (HY) corporate et émergente. Les spreads et les rendements continuent de refluer. La dette HY américaine retrouve ainsi les niveaux de spread de 2007. Comme le marché du crédit précède souvent celui des actions, cette confiance sur la dette corporate induit par ricochet celle sur les indices boursiers. Nous touchons ici toute la difficulté de l’exercice actuel des banques centrales, qui jouent de plus en plus un rôle politique, en soutien aux politiques budgétaires des Etats. De ce fait, la gestion et le contrôle de la masse monétaire (mission première de leurs mandats) passent au second plan. Maintenir durablement des taux bas devient un impératif. En France, une hausse des taux de 1% augmenterait la dette de l’Etat (intérêts dus) de 25 milliards d’euros ! impensable.
  • Les Etats vont pouvoir engager à présent des plans de relance massifs, accentuant la liquidité sur les marchés. L’Union européenne vient (enfin) de ratifier son plan de relance de 750 Mds €. Ce plan est financé par un recours commun à l’emprunt, inédit, qui incarne la solidarité européenne face à la crise du Covid-19. L’Espagne et l’Italie devraient être les principaux bénéficiaires avec près de 70 milliards d’euros chacune, devant la France, avec près de 40 milliards d’euros de subventions.
Plan_de_relance_Mai_2021
Source : Auris Gestion
  • Seule voix dissonante à tous ces mouvements haussiers, la déconfiture des cryptomonnaies : Ainsi le Bitcoin, cryptomonnaie emblématique par excellence, a perdu jusqu’à 50% de sa valeur depuis son plus haut d’avril dernier, pénalisé par les tours de vis des régulateurs chinois. Souvent considérées comme un actif de diversification offrant une protection contre l’inflation, ces « monnaies » virtuelles présentent avant tout une extrême volatilité et un caractère très spéculatif.
Cryptomonnaies_Mai_2021

EN CONCLUSION

L’optimisme est de retour : sortie de la crise sanitaire, économie en surchauffe, taux d’intérêts bas… autant d’éléments particulièrement favorables pour la valorisation des marchés actions. L’engouement acheteur persiste donc, principalement au profit du marché européen qui bénéficie d’un niveau d’inflation encore raisonnable (~ 2% en mai).

L’indice du CAC40 (peu représenté par des valeurs du secteur technologique mais davantage par ceux du luxe, de la finance et de l’énergie) surperforme très nettement les autres grands indices depuis le début de l’année (~+17%).

Surperformance_CAC40_Mai_2021
Source : ZoneBourse

Les questions que l’on doit se poser à présent sont les suivantes : Pourquoi les banquiers centraux maintiennent-ils des taux d’intérêt bas alors que l’inflation est au-delà des 2% cible, pourquoi continuer à injecter massivement des liquidités alors que les prévisions de la croissance mondiale ne cessent d’être révisées à la hausse, mois après mois ? … N’est-il pas temps maintenant de réguler le système financier, qui a parfaitement répondu à l’urgence en son temps ?

Le jour où les banques centrales (FED principalement) annonceront leurs souhaits de modifier sensiblement leurs politiques monétaires, il est à craindre alors que la volatilité sera vraiment de retour dans les salles de marchés !

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