Premier avertissement des banquiers centraux…

ICHIMOKU

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Bilan des marchés financiers à fin juin 2021

Le mois de juin n’a pas été uniforme sur toutes les places financières. Si les marchés américains (SP500 et Nasdaq notamment) ont su rebondir à la suite du discours de Monsieur Jerome Powell, patron de la FED (Réserve fédérale américaine), il n’en fut guère de même pour les autres places. Le CAC 40 a ainsi entamé un début de consolidation baissière, visible sur notre graphe : bougie haussière mais avec une longue mèche. Les vendeurs ont donc repris la main… Ce début de consolidation s’inscrit après un rallye haussier exceptionnel engagé depuis novembre 2020 et 4 mois consécutifs de hausse (de février à mai 2021).

CAC40 - Bougies mensuelles - 30 juin 2021
  • CAC 40 :           + 0,9%
  • Euro Stoxx 50 : + 0,6%<
  • DOW Jones :     – 0,1%
  • SP 500 :             + 2,2%
  • Nasdaq :            + 6.3%
  • Hang Seng :      – 1,1%
  • Nikkei :             – 0,2%
  • Or (gold) :         – 7,1%

Tous les marchés ont besoin d’un temps de pause (dit de consolidation) avant de poursuivre (ou non) leurs parcours haussiers. Durant ces phases de consolidation, les marchés peuvent baisser de 3 à 4% dans les scénarii les plus favorables (CAC à -3% actuellement), mais peuvent également baisser d’environ 10% comme ce fut le cas pour le Nasdaq (mars 2021 : -12%  &  Mai 2021 : -7%) avant de poursuivre leurs tendances haussières (+13% à fin juin). Cf. graphe ci-après.

CAC40 - Bougies 4 Heures - 31-05-21

Si la consolidation baissière devait se poursuivre après une baisse initiale de 10%, nous assisterions alors à un renversement de tendance. Le marché deviendrait alors baissier, et ce jusqu’à une nouvelle phase de consolidation …

Il faut donc accepter ces temps de respiration des marchés, qui sont de nos jours extrêmement violents tant à la baisse qu’à la hausse… et qui impactent naturellement ponctuellement les portefeuilles. La gestion de ces derniers s’inscrit donc dans un temps long et ne peut s’apprécier au jour le jour.

Pourquoi cette inflexion des marchés courant juin ?

Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer l’importance des banques centrales et des mesures prises à l’occasion des diverses crises, d’origine financière ou sanitaire comme en ce moment. Ces mesures exceptionnelles par leur ampleur ont nourri durablement les marchés financiers, créant du même coup des dysfonctionnements dans le mécanisme traditionnel des rouages de l’économie (l’exemple des taux négatifs est sans nul doute le plus visible).

Ces mesures ont ainsi permis pour une très grande majorité d’acteurs économiques de tenir face à la crise sanitaire de la Covid-19. Les indicateurs économiques publiés tout au long du mois de juin furent pour beaucoup d’entre eux excellents, saluant ainsi la reprise économique tant attendue et l’impact de ces dites mesures.

Exemples d’indicateurs très encourageants pour la reprise économique : en Europe…

 

… comme aux Etats-Unis :

Mais trop d’abondance de liquidités a un revers, qui est visible sur le taux de l’inflation. Ce dernier, aux Etats-Unis, a très nettement dépassé le seuil conventionnellement convenu de 2% depuis longtemps (+3.4% à fin juin). En Europe, le taux tangente les 2%. Cette inflation que l’on retrouve très largement dans le prix des matières premières, mais aussi dans les salaires (principalement aux Etats-Unis), est destructrice de valeur à moyen terme. Il est donc important de la juguler en relevant les taux d’intérêts de courts termes, levier à la disposition des banquiers centraux. Mais en activant ce levier, les banques centrales exposent les économies « réelles » et les Etats, qui empruntent massivement, à une diminution des investissements (objectif recherché pour une hausse des taux !), donc in fine de la croissance … ce qui serait contre-productif, au moment où il faut relancer l’économie !

Le discours de Jerome Powell (mi-juin 2021) était donc très attendu au regard de ce problème cornélien : doit-on accepter un retour de l’inflation ou faut-il commencer à remonter les taux ? Si le patron de la FED a toujours revendiqué (sans doute pour des raisons politiques) que l’inflation n’était que temporaire et que la baisse des taux ne serait pas d’actualité avant 2023/24, son discours le mois dernier a semé le doute dans les esprits des gérants :

  • Possible remontée de taux dès 2023 (voire 2 hausses en fin d’année)
  • Probable réduction des rachats massifs (120 Mds $ par mois), et ce, dès la fin de cette année.

A cela se rajoutent des voix discordantes au sein du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (FED) qui militent pour une remontée dès 2022 des taux d’intérêts… Autant d’éléments d’inquiétude que les gérant ont actés par une prise de leurs bénéfices (entrainant du même coup une baisse des marchés). L’échéance restant encore lointaine, la baisse demeure encore modeste. Nous assistons donc à un premier avertissement des banquiers centraux quant à une prochaine inflexion de leur politique monétaire accommodante. Les marchés sont prévenus !

A cela se rajoutent des voix discordantes au sein du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (FED) qui militent pour une remontée dès 2022 des taux d’intérêts… Autant d’éléments d’inquiétude que les gérant ont actés par une prise de leurs bénéfices (entrainant du même coup une baisse des marchés). L’échéance restant encore lointaine, la baisse demeure encore modeste. Nous assistons donc à un premier avertissement des banquiers centraux quant à une prochaine inflexion de leur politique monétaire accommodante. Les marchés sont prévenus !

EN CONCLUSION

Il est sain qu’une économie sous perfusion se voit retirer les différentes aides quand les ressorts contribuant à la croissance sont de retour. Tout est question de « timing », sachant qu’en parallèle des annonces étatiques viendront compenser pour partie le soutien des banquiers centraux. Il en est ainsi de l’accord bi-partisan de 980 Mds $ signé la semaine dernière aux Etats-Unis pour rénover les infrastructures actuelles et lancer la transition énergétique (principalement les bornes de recharges des voitures électriques). Et déjà d’autres plans sont attendus (notamment sociaux) de la part de Joe Biden !

Seule ombre à la dynamique conjoncturelle actuelle, les inquiétudes sur un risque de la reprise de l’épidémie par le variant Delta, avec un échec des vaccins qui obligerait alors à un retour à des reconfinements massifs (cf. le Royaume-Uni, Israël, l’Australie) …

Pour l’heure, les résultats des entreprises vont être prochainement publiés au titre du premier semestre 2021. Si ces derniers dépassent une nouvelle fois les espérances des gérants, comme cela est envisagé, nous devrions assister à une poursuite du rallye haussier et sans nul doute au dépassement des 6945 points sur le CAC40, atteint en novembre 2000 !

 

A toutes les personnes qui vont prendre des congés au mois de juillet, nous vous souhaitons d’excellentes vacances !

 

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